Ma première course en solo

 

Une année de navigation intense apporte inévitablement son lot d'instants hors du temps mais aussi de moments difficiles et de doutes.

Découvrez ici mes aventures salées. Pour les plus novices (ou les plus curieux) vous trouverez un lexique. La logique voudrait de commencer par « Mon projet Mini » mais un peu de folie est toujours envisageable ;)

 

Ma première course en solo

15 avril 2018
Image Ma première course en solo

Trêve de considérations maritimes, vous l’avez compris faire du solo en course c’est des émotions fortes (en même temps c’est un peu pour ça qu’on est là), des moments exceptionnels, ce n’est pas toujours évident et je suis bien souvent à la limite de l’exercice … Mais bon pour changer, parlons donc un peu du facteur humain. La classe Mini est en effet réputée pour être un peu à part avec beaucoup de camaraderie, d’entraide et une solidarité sans commune mesure.

Cette course est la première en solitaire pour la majorité des concurrents, il règne donc une ambiance particulière sur les pontons durant la période de présence obligatoire. On apprend tous à se connaître, on se découvre des affinités et surtout on commence à avoir les chocottes. Ben oui on a beau faire semblant d’être occupé et de bricoler sur nos bateaux ça trotte quand même dans nos petites têtes, 3 jours et 3 nuit en solitaire c’est long. La période de présence obligatoire aura donc été forte en apprentissage divers « haaa toi tu fais comme ça, pas con je vais vite faire la même » et on se sera aussi rapidement rendu compte que la notion « vite » peut être fortement extensible.

Cinq minutes avant mon départ du ponton Jean me montre comment utiliser mon GPS portable, je me souviendrai toute ma vie de son regard quand il a compris que je ne l’utilisais pas … « mais comment tu faisais au juste ? » … Oui ben je galérais, d’où mes problèmes de navigation … J’ai passé la première nuit de navigation à rentrer des coordonnées pour pouvoir l’utiliser. Après une procédure de départ durant laquelle j’ai suivi ce même Jean afin qu’il m’indique la ligne de départ et la meilleure stratégie à adopter nous voilà tous partis pour cette belle expérience de mer.

Cette première course aura été un condensé de franche camaderie où l’on appelle à la VHF ses nouveaux copains pour savoir comment ils vont, s’ils ont réussi à dormir, comment ils gèrent la nourriture à bord. Premiers actes de bienveillance aussi où une partie de la flotte essaye tant bien que mal avec les moyens du bord de réveiller un concurrent qui semble s’être endormi sous pilote automatique et qui fonce sur les cailloux. Première rencontre via la VHF, discuter toute une nuit avec une personne dont on ne connait même pas le visage ça ne s’invente pas !

Enfin bref, après plusieurs beaux épisodes humains comme maritimes si nombreux que je ne sais lesquels souligner je coupe la ligne d’arrivée dans l’après-midi. Quelle émotion, ça reste pour l’instant le plus fort que j’ai vécu sur mon bateau où je me suis dit : « Yes, Mathieu tu l’as fait ». J’aime à penser que dans une vie, une pareille émotion n’a pas de valeur. Ce moment représente en effet bien plus qu’une simple fin de course, il est le fruit d’une idée un peu folle, d’un peu d’inconscience et de plusieurs mois d’efforts, tout cela pour essayer de faire germer ce projet qui est mien. Projet qui se révèle bien plus complexe mais également bien plus intéressant qu’il ne semblait au départ.

Une fois passée la ligne je perds littéralement mes moyens, alors que j’étais plus ou moins capable de faire des empannages sous Spi (manœuvre relativement délicate) avant de passer la ligne me voilà tout emprunté à l’idée de devoir affaler ma grande voile et je me résous à suivre à la lettre les consignes du pilote du bateau à moteur venu me chercher pour me ramener au port … c’était donc sûrement l’adrénaline qui me permettait de rester lucide. De retour au ponton je tends mes amarres à Valentin et Amélie, respectivement le vainqueur et sa dauphine. Nouvelle preuve, s’il en fallait une, de la belle ambiance qui règne au sein de la classe Mini.

Sur les pontons, après 3 jours et 3 nuits coupés du monde on apprend que celui-ci a abandonné à cause d’un problème technique, que celui-ci a pété un plomb et que ceux-ci ont décidé de repartir après une pause de 12 heures … Mais ce qu’on retiendra tous c’est qu’on a osé se lancer, pour le meilleur comme pour le pire et qu’on commence à former un joli groupe qui espère profondément pouvoir s’accueillir mutuellement en Martinique en novembre 2019.

  • A fond la caisse !
  • La pétole, dur pour les nerfs
  • Un chapeau pour la postérité
 

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