Ma première course

 

Une année de navigation intense apporte inévitablement son lot d'instants hors du temps mais aussi de moments difficiles et de doutes.

Découvrez ici mes aventures salées. Pour les plus novices (ou les plus curieux) vous trouverez un lexique. La logique voudrait de commencer par « Mon projet Mini » mais un peu de folie est toujours envisageable ;)

 

Ma première course

1 avril 2018
Image Ma première course

La première course de la saison en Mini c’est la Plastimo Lorient Mini (ou plus simplement la BSM). Course initiatique pour beaucoup d’entre nous c’est aussi souvent à cette occasion que les bateaux changent de main et que l’on saute à deux pieds dans nos projets Mini.

Pour cette première course - qui sera aussi ma première vraie course à la voile- qui se dispute en double je suis accompagné de Thomas Guichard, marin accompli puisqu’il a déjà participé à deux Mini-Transat. Pour moi, tout est nouveau et je ne suis pas très serein, c’est donc Thomas qui prend la casquette de chef de bord, je serai son moussaillon durant les trois jours que vont durer la course.

On s’attend à une course dans la pétole et ben on ne sera pas déçus ! Le départ est donné en début d’après-midi, après un tour de l’ile de Groix toute la flotte s’élance en direction de l’archipel des Glénan (appelé, à raison, les caraïbes bretonnes … si si allez voir) avant que la nuit ne tombe. Au coucher du soleil toutes les petites lumières en tête de mât apparaissent et je découvre là un monde merveilleux ; faire la course de nuit. Thomas s’excite et nous changeons de voile régulièrement, il me confie alors adorer la nuit car les autres concurrents ne peuvent pas copier ce que l'on fait. Nous nous organisons en quart, ce qui signifie qu’un gère la bonne marche du bateau alors que l’autre tente de dormir à l’intérieur. L’expérience de Thomas parle puisque je me retrouve à faire le quart durant lequel il pleut des cordes. Je suis littéralement congelé dans mon mauvais matériel pas réellement étanche, depuis je suis équipé par Helly Hansen (habile le placement de produit, n’est-ce pas ;) ).

Au milieu de la nuit nous tournons autour de la bouée qui symbolise la mi-parcours, passage épique durant lequel j’ai l’impression que des bateaux sortent de partout et qu’ils nous passent à moins de 10 centimètres (n’empêche je suis toujours persuadé que l’on est passés à 10 centimètres d’un concurrent, que ça te plaise ou non Thomas ;) ).

Une fois la bouée laissée à bâbord on peut envoyer le Spi, c’est moi qui l’ai préparé et ça ne me manque pas ; je me suis emmêlé les pinceaux. Thomas doit donc aller à l’avant pour arranger cela. Il me confie la barre et … je fais n’importe quoi. Dans la nuit je perds littéralement le nord et je n’arrive pas à aller tout droit. Soudainement, je vois une forme sombre et j’en informe Thomas, il range le Spi qu’il était en train d’envoyer et on se rend rapidement compte que l’on est au milieu de rochers. Sans mot ni regard on sait les deux qu’on est mal barrés et au milieu de la nuit, dans le calme on essaye de se sortir de ce champ de mines sans savoir où est la sortie. En suivant les lumières des autres bateaux (et en bluffant un peu) on arrive à s’extirper de ce mauvais pas et on pousse les deux un grand ouf de soulagement une fois en eaux saines. Ce cafouillage monumental aurait réellement pu me coûter mon projet Mini.

S’ensuit une nuit sous Spi dans 20 nœuds de vent, premières émotions sous Spi et de nuit à la barre de Méa coule pas … les anciens disent donc vrai, ça fonce un Mini sous Spi. Fonçant à 11-12 nœuds (une bonne vingtaine de km/h) de nuit sans visibilité je me dis que c’est quand même un peu inconscient et je dois me résigner à mettre mes manies ultra-sécuritaires de côté pour apprécier ce bord de Spi à sa juste valeur.

Puis la pétole, tant redoutée, nous tombe dessus. C’est pour moi une chose nouvelle, en tant qu’amateur de croisière quand il n’y a pas de vent on allume le moteur pour rentrer au port (ou on jette l’ancre). Je découvre donc là une situation nerveusement difficile, le moindre pas doit être réfléchi pour déséquilibrer le moins possible le bateau, il faut donner le meilleur de soi-même à la barre ne serait-ce que pour que le bateau aille dans le bon sens. Enfin bref la fin de la course sera longue, délicate, compliquée et chaque mille sera pris de haute lutte. Nous passons la ligne d’arrivée au petit matin et ça fait du bien. Belles émotions que de partager les souvenirs et les expériences avec les autres concurrents autour d’un bon plat de pâtes à … 8 :00 du matin.

Je pensais que cette course allait me rassurer dans l’optique de participer à ma première course en solitaire. Ce ne fut pas vraiment le cas, je pense plutôt m’être rendu compte de la complexité de pareilles courses, de la préparation qu’elles nécessitent et du sang froid dont il faut faire preuve pour gérer certaines situations.


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