Ma Qualif (1/3)

 

Une année de navigation intense apporte inévitablement son lot d'instants hors du temps mais aussi de moments difficiles et de doutes.

Découvrez ici mes aventures salées. Pour les plus novices (ou les plus curieux) vous trouverez un lexique. La logique voudrait de commencer par « Mon projet Mini » mais un peu de folie est toujours envisageable ;)

 

Ma Qualif (1/3)

1 juin 2018
Image Ma Qualif (1/3)

Vous êtes dorénavant en droit de savoir ce que c’est exactement que cette Qualif. C’est un parcours imposé par la classe Mini afin de s’assurer que l’on est capable de réaliser 1000 milles en solitaire sur notre bateau. Ce parcours nous mène jusqu’au sud de l’Irlande puis nous fait descendre jusqu’à l’île de Ré. Il est réellement intéressant et oblige à se confronter à certaines difficultés très formatrices, comme le passage du DST, sorte d’autoroute à cargo au large de la Bretagne. La principale différence avec une course c’est qu’il n’y a pas de ligne de départ ni d’arrivée, on part quand on veut et on revient quand on peut, l’analyse de la météo prend là tout son sens car une dépression en Irlande … ça pique. Cela implique également que l’on parte seul, donc sans possibilité de contacter des amis ministes aux alentours, en somme c’est une sorte d’exercice pour se prouver à soi-même que l’on ne va pas « péter un plomb » une fois seul (de chez seul) au milieu de l’Atlantique. En général il faut entre 7 et 10 jours pour boucler cette obligation qui ne laisse pas indifférent. Certains détestent le fait d’être seul sans adversaire avec qui se confronter alors que d’autres affectionnent particulièrement ces instants de solitude.

Je fais partie de cette dernière catégorie, j’ai adoré ces moments hors du temps. Ma qualif aura duré 8 jours durant lesquels j’ai adopté un rythme dicté par les aléas de la navigation. Contrairement aux premières courses de la saison j’ai, cette fois-ci, tenu un journal de bord. En lieu et place de long discours je pense qu’il est opportun de le partager. Toutefois il y a lieu de préciser qu’il n’a pas été écrit à posteriori et est donc au plus proche de l’action. J’ai volontairement presque (oui je n’assume pas non plus tout, tout) rien changé de la version originale. Cela devient ainsi relativement technique, le lexique ainsi que les mots en surbrillance (donc clickable) devraient vous permettre d’y voir plus clair.

Attention à partir d’ici il n’y a donc plus de filtre, les termes techniques sont légion et les règles grammaticales et autres coquetteries orthographiques sont devenues un luxe que l’on ne peut que rarement s’offrir. Vous y découvrirez notamment que j’ai aimé barré une nuit sous Spi en écoutant « cœur de pirate », oui oui sans filtre je vous l’avais dit !!

Bonne lecture !

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Journal de bord


Mardi 26 juin 2018

Départ pour ma qualif à 20 :00 avec les jambes qui font un peu « flop flop » ; première traversée de la manche, en solitaire qui plus est, première fois en mer celtique, première fois seul aussi longtemps, première traversée du mythique DST au large de Ouessant … enfin ça fait quand même beaucoup de première fois d’un coup. Bref, pétole annoncée mais que nenni, à 100 degrés du vent toute la nuit j’avance drôlement bien avec une moyenne de 6 noeuds sur toute la nuit. Long dialogue avec le Cross durant la nuit, des fusées de détresse seraient tirés aux alentours de ma position, ils veulent savoir si j’en ai vu, je leur explique qu’étant seul je n’exerce pas vraiment une veille attentive mais je vais rester sur le pont les prochaines heures. Une heure plus tard nouvel appel, je n’ai toujours rien vu et j’en viens à leur demander si le témoin ne confond pas le phare des Glénan avec des fusées parachutes. Mais 20 minutes plus tard j’aperçois moi aussi une fusée parachute, j’appelle le Cross, leur indique ma position, dans quelle direction j’ai vu le feu. S’en suit une discussion un peu bizarre qui finit sur un « pourriez-vous faire demi-tour », j’acquiesce tout en me disant que 1000 Miles c’est déjà assez comme ça ! Après 30 minutes de silence radio je les relance et me font savoir que c’est OK je peux continuer ma route, je n’en saurai pas plus …

Le Kiff de la nuit : Les dauphins et cœur de pirate à pleine balle sous SPI de nuit !!!


Mercredi 27 juin 2018

Je savais que je devais passer le Raz de Sein avant 8 :00 du matin sinon les courants seraient trop fort et il faudrait que j’attende la renverse de courant. J’y suis arrivé à 6 :00 avec un léger vent et un lever de soleil magique, un véritable bonheur de passer un lieu tellement mythique avec des conditions pareilles … le Raz de Sein … même en solo c’est un jeu d’enfant ;)

Une fois le Raz de Sein passé je fais, comme à mon accoutumée, 2-3 siestes de 20 minutes pour me requinquer de la nuit … je crois que ça fait son effet.

L’après-midi place au DST, débouler à 12 nœuds sous SPI au milieu des cargos, ça a de la gueule =) jusqu’au moment où « mmmh ça passe ? ça passe pas ? ». Ben non, ça passe pas, j’affale mon SPI en urgence et je calme un peu le jeu comme ça je peux aller manger et boire un peu. Ça restera une super expérience et aussi la première fois que je tire vraiment sérieusement sur le 455, je commence à avoir confiance.

Soirée bien moins drôle en Manche par contre, le vent est monté jusqu’à 24 nœuds au près dans une mer deguelasse … Gros gros moment de « à quoi bon », à quoi bon dépenser tout ce pognon, y mettre autant d’énergie et de temps pour venir se faire brasser en Manche … je n’ose même pas sortir de peur d’être trempé et frigorifié toute la nuit qui s’annonce bien tonique.

Finalement, la nuit est ensuite plutôt agréable avec juste assez de vent pour passer les îles Scilly, je passe relativement proche et je n’ai pas le livre des courants de la zone donc j’espère que le vent ne tombe pas et que je ne sois pas proie aux courants pouvant me ramener à la côte. J’entends toute la nuit la conversation du Cross relative à un Mini qui aurait démâté dans le DST durant le MiniFastnet … je les plains de tout mon cœur. Déjà qu’avec un mât, de la vitesse et un AIS je faisais pas le malin j’imagine même pas de nuit, sans AIS…

Jeudi 28 juin 2018

Journée sans grand folie …

Le reaching prévu semble s’être transformé en un vieux près pour aller choper la bouée de Conninbeg et je tire des bords en mer celtique … pas terrible.

En revanche il y a une quantité d’oiseaux qui nous passent autour, à côté, qui rasent l’eau … ils sont magnifiques et inconnus pour moi … Papa aurait sûrement adoré !!

Arrivée de folie en Irlande, un coucher de soleil légendaire … terrible !!! puis littéralement passé la nuit à tirer des bords pour choper Conninbeg avec des angles de près à 90 degré.

[la suite lundi prochain]

  • A fond au départ de Lorient !
  • Dauphins en mer celtique
  • En pleine Manche. – On y fait nettement moins le malin !
  • Le parcours
  • Le pont de l_île de Ré et un sacré bob
  • Lever de soleil sur le Raz de Sein.
  • Rencontre avec un cargo
  • Une tête de vainqueur & la marque de passage au sud de l_Irlande !
 

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