Mini-Transat 2019 // Première étape

 

Une année de navigation intense apporte inévitablement son lot d'instants hors du temps mais aussi de moments difficiles et de doutes.

Découvrez ici mes aventures salées. Pour les plus novices (ou les plus curieux) vous trouverez un lexique. La logique voudrait de commencer par « Mon projet Mini » mais un peu de folie est toujours envisageable ;)

 

Mini-Transat 2019 // Première étape

27 octobre 2019
Image Mini-Transat 2019 // Première étape

n.b : ce journal a été écrit au jour le jour et je n'ai volontairement par modifié orthographe et syntaxe


Premier jour de course - 05/10/2019

Après deux semaines de report, et les ascenseurs émotionnels associés, qui se sont révélées être une véritable expérience dans l’expérience le départ de la Mini-Transat 2019 a été donné le dimanche 5 à 10:30. Avec un dernier briefing météo qui a duré jusqu’à 22:00 et un délai de remise des natels à 6:30 la nuit fut drôlement courte et pas forcément idéale pour envoyer une dizaine de jours de navigation derrière. La mise à disposition pour les arbitres de la Fédération Française de Voile débute elle à 6:30. L’ambiance est assez mystique sur les pontons éclairés aux faisceaux des lampes frontales qui s’affairent tantôt à gréer une voile ou à monter au mât pour ma part pour aller y chercher une drisse qui s’est décrochée durant la nuit (oui, sinon c’est trop facile).

Dès 7:30 les bateaux commencent à sortir du port, quelques accolades plus ou moins appuyées plus tard c’est mon tour de larguer les amarres. Relativement peu d’émotions pour ma part, je mets ça sur le compte de l’expérience déjà acquises lors de la SAS … ou je ne me rends pas tellement compte et finalement ça m’arrange bien ! Au passage de l’écluse un spectateur hurle « Allez Gottéron », étonné je lui rétroque « cette année c’est la bonne » et me voilà parti pour aller en reconnaissance de la ligne de départ de la Mini-Transat 2019. En sortant je temporise un peu en regardant le lever de soleil, j’apprécie ce moment pour lequel je concentre tout de même un paquet de temps, d’argent et d’énergie depuis bientôt deux ans.

Je me prends à compter le nombre de départ pris avant celui-ci et ça sera le septième … un peu léger quand même par rapport aux quadors. Je me sens tout de même de plus en plus à l’aise sur les procédures de départ, je sais où je veux être placé et j’ose m’imposer et, dans une certaine mesure, garder ma place. Le départ est donné dans très peu de vent, il va dans tous les sens et je me retrouve finalement assez bien placé à la bouée de dégagement. Un cargo arrivant dans le chenal d’entrée semblant un peu paniqué d’y voir tant de bateaux peu maître de leur manœuvre vient pimenter ce tout début d’étape. La fin de journée est bizarre entre grains assez violents et phase de molle totale.

Lors de la dernière poignée de main avec le météorologue qui s’occupe de nous, il nous a glissé qu’un front très actif (donc beaucoup de vent et surtout des rafales violentes) allait passer en début de matinée (6:00 temps universel ou TU), j’essaye donc de dormir le plus possible en début d’étape afin d’être frais et d’en avoir sous la pédale. Le front arrive avec 3 heures d’avance et nous cueille à froid. Un peu surpris par la violence de l’affaire je me crame d’entrée de jeu avec toutes les manœuvres. Encore groupé on entend bien les autres concurrents et les avaries commencent à tomber, je touche du bois et essaye de naviguer safe afin qu’une boulette ne viennent pas d’entrée de jeu entraver l’aspect compèt de l’étape !


Deuxième jour de course - 06/10/19

Après la nuit épuisante le lendemain commence mal, j’ai un violent mal de tête. J’ai beau essayé ce qui marche d’habitude à savoir boire, manger et prendre du paracétamol, il ne fait qu’empirer. Après un passage où je me fais peur à ne plus pouvoir distinguer le nord du sud à ne plus savoir réellement où aller je me cale sur la route des concurrents que je capte encore et décide d’aller dormir avant de faire des conneries. Je n’ai encore jamais eu le mal de mer mais cette fois-ci je le crains, je suis barbouillé, je n’ai pas faim et commence à avoir la nausée. J’enchaîne donc les siestes en faisant le minimum syndical en termes de navigation, mon objectif premier est de me débarrasser de ce mal de tête insupportable. Dans la nuit il redevient raisonnable et j’arrive à nouveau à me concentrer sur le bateau.

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A posteriori je pense que le cumul du peu de sommeil avant le départ et le fait d’avoir tellement donné la première nuit je me suis retrouvé en gros déficit de sommeil !


Troisième jour de course - 07/10/19

Après la journée du 6 au près dans 18 kts avec une mer particulièrement déguellasse nous savons qu’un nouveau front va passer dans la nuit. Le Golfe de Gascogne ça se mérite à cette saison, ensuite on pourra enfin partir sur du portant (vent dans le dos donc plus rapide et surtout plus confortable). Le début de nuit est désagréable, humide (je bénis l’achat d’un vrai ciré de haute mer avant de partir) et ça tape dans tous les sens. Globalement on se demande sûrement tous ce que l’on fait là. Le passage du front est particulièrement marqué, la bascule est nette et le vent baisse tout de suite en intensité. Je vire tout de suite, je me retrouve avec un angle et une force de vent adaptée pour un Spi max (le plus grand) … et hop c’est parti premier envoi de SPI de la Transat. La nuit est noire comme je ne l’ai jamais vu, un peu flippant. Difficile de dire combien de temps ça a duré mais le vent gagnant en intensité je passe rapidement sous code 5 et la mer devient de plus en plus moche. Suite à un départ au tas (en gros l’équivalent d’une grosse sortie de route) je sors en catastrophe, je reprends la barre puis je crois que je suis parti choquer l’écoute et en revenant au poste de barre je loupe la barre alors que le bateau part à l’abatée.

!!! ET BIM, premier départ à l’abatée de ma vie

(de nuit et dans 25 nœuds, sinon c’est pas marrant) !!!

Le bateau est couché sur l’eau, code 5 dans l’eau. J’applique la procédure apprise par cœur, je descends sous le vent, les pieds presque dans l’eau pour reprendre de la bastaque sous le vent puis je choque l’autre. Malgré cela impossible de rétablir le bateau et je n’ai pas vraiment envie de réempanner dans 25 nœuds. Je reste une bonne dizaine de minutes, impuissant, à étudier la situation. Finalement en mettant le bateau plein cul puis en allant sur la plage avant avec la drisse à la main j’arrive petit à petit à faire descendre le SPI. Bien qu’attaché, je doute tout de même de l’aspect sécuritaire de l’affaire. Une fois affalé je le balance en vrac à l’intérieur, je réempanne et je me dis que « GV + Solent » c’est pas si mal finalement et j’enchaîne les siestes jusqu’au petit matin. Allongé au fond de ma bannette, trempé et transi de froid je me rends compte que j’ai eu beaucoup beaucoup de chance de ne rien avoir cassé dans l’affaire. La flotte, bien que groupée, est relativement silencieuse à la VHF après discussion le lendemain il semble que les autres ont aussi fait des figures de style et qu’on s’est finalement tous dit que « Finalement GV+Solent c’est pas si mal » ;-)


Quatrième jour de course - 08/10/19

Le lendemain matin je ne fais pas tellement le malin et je mets un peu de temps avant de renvoyer de la toile. La journée est plutôt belle et nous emmène tout droit vers le mythique Cap Finisterre. Autant en 2018 à l’occasion de la SAS il ne m’avait pas plus impressionné que ça mais cette fois-ci il en est tout autre. En approche du cap la nuit tombe et je commence à surveiller mon AIS. Entre la flotte des Minis qui commence à se resserrer, les bateaux de pêche sur le plateau continental et les cargos qui empruntent le fameux « rail des cargos » (DST) la densité de trafic est impressionnante. A 19:30 TU j’arrive en approche du cap, la multitude des lumières entre le trafic maritime et les différentes lumières à la côte fait qu’il est impossible de définir qui est quoi, le phare à la pointe me permet tout de même de situer le cap. La pleine lune et une longue houle complètent le tableau et me font saisir l’aspect mythique de ce lieu. Le fou rire à la VHF avec les copains qui commencent à se regrouper à ce point de passage oublié suite aux explications de Ben (montée au mat et pilote qui décroche) donne une saveur indescriptible à cet instant et on peut le dire : « ça y est le gars, on dégolfe !!!! »


Cinquième jour de course - 09/10/19

Un DST est un Dispositif de Séparation du Trafic, en gros les cargos qui vont du nord au sud ou le contraire sont obligés de passer dans ce dispositif, celui du Cap Finisterre est constitué de 4 voies (2 montantes et 2 descendantes). Après avoir pris l’intérieur DST (entre la côte et le DST), le passage dans ce dernier étant interdit, il s’agit maintenant de faire de l’ouest afin d’éviter le vent très fort attendu au large du Portugal ces prochains jours. Immanquablement on va donc couper le trafic un peu au sud du DST, faire cela en Mini c’est le meilleur moyen d’appréhender la manière dont un hérisson vit la traversée d’une autoroute. Le trafic devrait être très dense sur une cinquantaine de kilomètres, je suis par conséquent très content d’être frais pour attaquer ce chapitre de l’aventure. La négociation de l’affaire se fait dans les meilleures conditions et c’est dingue comme un cargo de 300 mètres accepte de mettre 2-3 degrés dans sa route pour un voilier de 6.5m quand c’est demandé gentiment =) Notons que le DST est tellement énorme que j’arrive à faire des petites siestes entre les voies. Enfin bref, une fois de plus une navigation de nuit mythique.

La matinée suivante je me repose de cette nuit éprouvante tout en planifiant de me faire une journée tranquille sous code 5 (le plus petit des SPI) histoire de me reposer. C’était sans compter Thomas à la VHF qui m’annonce avoir envoyer le Spi médium (une voile plus grande donc forcément plus puissante et plus casse gueule) … Ok je m’aligne et je l’envoie aussi.

S’en suit la plus belle journée de navigation de ma vie, un bord de SPI médium effrénée et agressif et ses pointes à 12 nœuds, le tout sous un magnifique soleil. Quel bonheur d’être là, mes larmes versées sur « Pour que tu m’aimes encore » (il y a des choses qui ne s’expliquent pas) attestent de la folie de l’instant. Je me sens bien sur le bateau, j’ai trouvé mon rythme, je sens que j’arrive à atteindre de bonnes vitesses et je suis profondément heureux d’être là.


Sixième jour de course - 10/10/19

Le bord de Spi assez engagé ne m’a pas laissé le temps de me reposer la journée du 9 alors à la tombée de la nuit je passe sous Code 5 histoire que le pilote tienne sans problème et qu’on me « laisse tranquille », je prends même 2 ris dans la GV. C’était sans compter le vent qui s’intensifie la nuit tombée pour monter jusqu’à 25 nœuds. Malgré cela je trouve le comportement du bateau particulièrement sain et alors que les concurrents que je capte encore décident de passer à la voile inférieure je reste sous Code 5. En essayant d’aller faire une sieste je me rends compte à quel point le bateau tape dans tous les sens, accélère et part dans des surfs. Impossible de fermer les yeux et un peu peur de casser quelque chose. Alors que le bateau me semble très aérien je regarde mes instruments qui affichent une vitesse de 13 nœuds, de nuit et sous pilote c’est assez fou. J’hésite à réduire mais je me dis qu’objectivement il n’y a aucune raison et que le bateau marche plutôt bien. Alors en lieu et place je me blottis sur ma bannette avec ma UE BOOM dans les bras en mettant du Emilie Zoé et j’essaye de me concentrer uniquement sur la musique. Ma foi ça marche plutôt bien, je m’endors puis aligne les siestes de 1 heure en négociant quelques passages de cargo avec le doute persistant du portboard et du starboard ;)

A posteriori je m’imagine seul, de nuit, blotti comme un enfant, sur mon petit bateau lancé à 13 nœuds tout ça à 300 kilomètres des côtes portugaises … lunaire et tellement magique.

Alors que le jour se lève, j’estime avoir fait suffisamment d’ouest pour éviter les zones très ventées au large du Portugal et le vent tournant gentiment au Nord-Est je décide d’empanner. Le vent ayant bien diminué j’affale mon SPI Médium, j’empanne et j’envoie mon Max (le plus grand des SPI) sur l’autre bord. Il fait beau, le bateau glisse bien, je fais un tour complet du bateau pour vérifier les points sensibles et je sors mon panneau solaire … je me sens presque en croisière et c’est génial. Je croise la route de 2-3 bateaux qui n’ont pas encore empanné et discute brièvement entre eux entre casse, coup de mou ou ras-le-bol je suis bien content que tout se passe bien de mon côté et ça met un peu en confiance pour la suite des opérations.


Septième jour de course - 11/10/19

Une nuit sans histoire, du Spi VMG dans du vent de 10 nœuds et une longue houle. Dans ces conditions, difficiles de s’assurer que le Spi est bien gonflé en permanence et par conséquent difficile de trouver le sommeil.

La journée ma trajectoire m’amène gentiment dans l’Est, or à l’Est il y a une zone sans vent à éviter dont je me méfie depuis réception du bulletin météo. Mais m’éloigner de l’Est me ferait faire du plein ouest et ce n’est pas vraiment par-là que l’on va donc je continue ma route en espérant ne pas tomber dans la bulle sans vent. Toutefois en milieu de matinée une grosse bascule me permet de faire du Sud-Ouest en empannant. J’informe le seul concurrent que je capte encore que je pense empanner, il me rétorque que selon lui c’est une mauvaise idée et qu’il ne me suivra pas. J’empanne quand même ! Pour vous ça ne veut peut-être pas dire beaucoup mais je suis fier d’avoir tout de même empanné car cela signifie d’une part que j’ai confiance en mon raisonnement et d’autre part que je n’ai pas peur de perdre mon seul contact. Quel progrès depuis la SAS où je n’osais pas changer de voile sans l’aval de mes voisins !

Avant de manger je me fais un gros gros kiff, je m’allonge dehors à l’avant du bateau et j’y fais une bonne sieste de 1:00 tout en écoutant de la musique ! Génial !


Huitième jour de course - 12/10/19

En début de nuit le vent tourne violement et je passe de Spi Max au près. La nuit est ensuite fatigante avec un vent erratique qui nécessite beaucoup de changements de voiles, du matossage dans tous les sens et passablement de concentration pour ne pas se retrouver à faire des bords à l’envers. Pour le peu de conversation VHF que j’entends j’ai quand même l’impression que je m’en sors pas mal, que j’arrive à garder un filet d’air et à glisser alors que tous les autres sont collés à la piste.

A l’issue de cette nuit je me « réveille » alors que le vent est remonté et s’est stabilisé, le bateau file sur la route directe ! Je lâche un ris dans le Solent avec une fluidité déconcertante pour moi, je suis bien sur mon bateau et cela se sent ! En plus de cela je consulte mon AIS, je suis à côté de Thomas et un peu derrière Rhino ! Quelle fierté après 7 jours de mer d’être bord à bord avec de tels marins alors qu’il y a de cela quelques mois je ne les voyais qu’en procédure de départ !

J’entreprends dans la journée un gros tour du bateau afin de vérifier tous les points sensibles. Deux heures plus tard et une poulie de changée je suis content car tout semble en ordre sur Méa Coule Pas ! Costauds ces bateaux quand même !


Neuvième jour de course - 13/10/19

Nuit et journée en compagnie de Rhino, décidément on en aura fait des Miles au large ensemble les deux. Il y a du vent, un peu trop, et on est au près donc ça nous permet de nous reposer un peu.

A la vocation météo j’apprends que je fais partie de la première moitié de la flotte ! Ouah quel chemin parcouru pour moi ! Je verse de belles larmes, de celles qui te font sentir vivant, et j’apprécie ce beau moment. Je traine donc un peu à l’intérieur en sous-couche (sorte de collants). On reçoit aussi des informations sur les concurrents qui ont abandonné, se sont fait hélitreuillé ou ont été contraints à faire escale. Je m’étonne du peu d’émotion et d’empathie que j’éprouve, peut-être est-ce une manière de se protéger et de se persuader que « ça ne peut pas m’arriver ». Nos projets sont quand même constamment à la merci d’une fin cruelle au gré d’un container qui traine dans l’eau ou d’un boulon un peu faible.

Peu après Rhino me lance « t’es prêt ? ». Je lui demande pourquoi puis je sors la tête du bateau et je vois un énorme front nous arriver dessus. J’ai tout le juste le temps d’enfiler ma tenue de combat pour sortir prendre mes ris et gérer le front. Ce dernier est particulièrement violent, particulièrement court et nous permet rapidement d’abattre pour nous retrouver au reaching à 8 nœuds sur la route directe. C’est un peu une ambiance d’apocalypse avec pluie, plafond nuageux très bas et de grosses rafales de vent ! Quel Kiff !


Dixième jour de course - 14/10/19

Dans la nuit l’angle de vent s’ouvre et on passe progressivement sur des voiles plus grandes pour finir sous SPI max. C’est génial de naviguer avec Mathieu, on discute un peu stratégie mais sans en faire trop non plus et on se surveille mutuellement.

J’émerge de ma nuit en douceur avec un coucher de lune sur tribord et un lever de soleil sur bâbord. Je me pose dans le cockpit pour me faire un vrai petit dèj puis je prends ma première douche, je suis tout propre =) On navigue à vue avec Rhino depuis plusieurs jours et chaque fois que je vois ses voiles de jour ou ses feux de nuit je me dis que c’est vraiment trop beau ce que l’on fait et qu’on a beaucoup de chance d’être là. La fin de journée je m’applique à « accrocher le wagon » et rester dans le bon paquet car l’arrivée approche et maintenant que le plus dur est fait j’aimerais bien conserver mon classement.


Onzième jour de course - 15/10/19

Début de nuit le vent commence à monter et je dois caler un empannage. En général j’affale et renvoie de l’autre côté lorsqu’il y a plus de 15 nœuds établis or là il y a plus. Je me dis que je gère et j’empanne comme ça ! Grossière erreur, la manœuvre part complétement en couille et je me retrouve avec une cocotte à l’avant (en gros cela signifie que je n’arrive plus à affaler le SPI car il est emmêlé dans la voile d’avant … situation très inconfortable). Ça ne m’était jamais arrivé et il faut que cela m’arrive de nuit, dans 20 nœuds, à 12 heures de la fin de la course … ben oui sinon ce n’est pas drôle. Je passe une bonne heure à démêler le bordel et encore je suis content, à un moment j’ai pensé devoir monter en tête de mât. Une fois tout cela terminé je balance le SPI en vrac à l’intérieur et j’essaye de faire une sieste. C’était sans compter l’appel VHF que j’intercepte.

« Mathieu il fait une trajectoire bizzare, non »,

« oui oui mais il s’est pris un gros vrac donc il doit calmer le jeu »

« Ok moi je change de voile, je passe sur une plus petite »

Allez comprendre pourquoi mais cet échange a piqué à vif ma fierté, je renonce donc à la sieste, j’envoie mon plus grand SPI et resterai collé à la barre toute la nuit car il y a trop de vent pour le pilote ne supporte cette configuration de voile. Suite à mon vrac j’ai perdu tout le monde je ne sais donc plus qui est où et je passe ma nuit à « allumer » sous SPI, de belles sensations surtout lorsque le halo de lumière de Gran Canaria commence à se faire de plus en plus grand.

Au petit matin la flotte se resserre et je constate que je suis en tête du petit groupe et que j’ai même doublé durant la nuit des concurrents qui sont devant depuis le début. Pas forcément très compétiteur en général là je peux vous dire que je l’ai été. Entre changements de voile entre deux cargos, affalage express au cul d’un pétrolier car finalement « ça ne passe pas » et négociation un peu douteuse d’un paquebot à l’ancre j’ai donné de ma personne. Oui, vous l’aurez compris Las Palmas est un énorme port de commerce et la négociation du trafic maritime est déjà un véritable défi en soi.

Je passe la ligne à la 26ièmeplace à 8:26TU, heureux, ravi et excité ! Il peut être légitime de rester perplexe devant un tel classement et tant de joie « finalement ça veut quand même dire qu’il y en a 25 devant toi ». A vrai dire c’est surtout le classement des bateaux anciennes générations qui nous importe et j’y suis quatrième devant des concurrents qui ont plus de budget et plus d’expérience que moi … et ça, c’est ouf !



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