Ma Qualif 2/3

 

Une année de navigation intense apporte inévitablement son lot d'instants hors du temps mais aussi de moments difficiles et de doutes.

Découvrez ici mes aventures salées. Pour les plus novices (ou les plus curieux) vous trouverez un lexique. La logique voudrait de commencer par « Mon projet Mini » mais un peu de folie est toujours envisageable ;)

 

Ma Qualif 2/3

5 juin 2018
Image Ma Qualif 2/3

Vendredi 29 juin 2018

J’ai enroulé cette nuit à 8:00 Conninbeg (l’AIS a bien été utile pour le coup). Maintenant cap sur les Scilly, le DST puis le plateau de Rochebonne si tout se passe bien. Croisé le mini « Mahi Mahi » en mer celtique … il va faire un tour vers Conninbeg;)

A part ça belle journée ensoleillée à 110 degrès du vent et un joli kiff avec les dauphins qui sont venus lécher ma coque durant 30 bonnes minutes.

Samedi 30 juin 2018

Grosse pétole durant la nuit et gros coup de gueule de la part de Mathieu qui a littéralement tout laisser en plan et est parti se tanker à l’avant, comme un gosse de 5 ans … j’aime vraiment pas la pétole. Après deux siestes de 40 minutes ça allait mieux ! Le vent est gentiment remonté dans la nuit, après de longues hésitations je suis passé de nouveau proche des Scilly en laissant le DST à bâbord et en pariant sur le fait que le vent ne tomberait pas … bon choix et je suis vite sorti de cette zone qui peut se révéler compliquée selon les conditions.

Dimanche 1 juillet 2018

Lever de soleil alors que j’étais juste entre le Cap Lizard et les îles Scilly, magnifique, à couper le souffle … c’est sûrement pour ce genre de moments que tous les autres valent le coup. S’ensuit un terrible bord de code 5 où on est monté jusqu’à 12 noeuds … et comme la dernière fois ça s’est soldé par un vrac tout aussi terrible … doublé d’une tentative de prendre un ris qui s’est avérée catastrophique et une bosse de ris cassé … pas brillant quoi.

La manche je n’y étais jamais allé mais elle ne s’offre pas comme ça hein et je m’en souviendrai !! J’ai eu un vent de 25 nœuds bien établi avec des rafales jusqu’à 30 nœuds … et tout ça au prés … en Mini … au bout d’un moment j’ai été obligé d’abattre d’une dizaine de degrés pour aller m’abriter sous la pointe bretonne… c’était soit ça soit je devais mettre le tourmentin, qui était sorti de son sac … Je me souviendrai particulièrement du paquet d’eau de mer que je me suis pris en pleine figure à la barre, difficile de dire la quantité d’eau mais j’ai littéralement été projeté vers l’arrière, j’ai bu la tasse et suis resté une bonne minute choqué avec le souffle coupé. Par après je me dis quand même que c’était chaud et qu’il n’aurait pas fallu beaucoup plus de nœuds à l’anémomètre pour que je sois en limite de compétence. Enfin, en l’état, ça restera une belle expérience.

Quand le vent retombe j’essaye de repasser sur mon deuxième ris mais impossible, le premier ris est bloqué en bout de baume, j’affale donc ma grand-voile pour y voir plus clair et dans la manœuvre je tombe violement sur le Winch, plus de peur que de mal mais j’ai une petite entaille bien profonde au niveau du bout de l’index. Je me souviens des cours de médecine d’urgence reçus et comme quoi il faut faire très attention en mer car avec l’environnement humide et salin les plaies ne guérissent pas et ont même tendance à s’aggraver. Je me soigne donc tant bien que mal en désinfectant la plaie, me faisant un bon pansement rembourré avec de la ouatte pour absorber les chocs et surtout des gants d’osculation étanches pour éviter que le tout devienne humide … au final je pense que c’est pas si mal.

Tout ça pour arriver à l’Occidental de Sein et pouf : plus un pet de vent et de la pluie. Ça fait bientôt 2 jours que je n’ai pas pu quitter mon ciré, je suis trempé jusqu’au slip, tout est trempé dans le bateau … là, tout de suite je ne prends pas excessivement de plaisir !

Lundi 2 juillet 2018

Nuit passée à l’Occidental de Sein en faisant principalement de la marche arrière, en faisant route dessus parfois même à cause du courant. Nuit bien merdique durant laquelle je me suis fait pas mal de souci et j’ai étudié un peu toutes les possibilités si le courant finissait vraiment par me ramener sur les cailloux de la chaussée de Sein. En plus de ça je me retrouve pile poil sur la route des cargos et je passe donc une bonne partie de la nuit à appeler ceux avec qui je suis en route de collision pour leur signaler que je n’ai aucun moyen de bouger et que c’est donc à eux de se dérouter, j’ai fini par faire un classement de la sympathie des capitaines ; les islandais sont les plus sympas et les plus bougeons sont sans aucun doute les russes. Mais vers 4 :00 un souffle salvateur nous a permis de nous sortir de cette sale affaire. Ce n’est pas fou fou mais juste de quoi garder les voiles gonflés, 17 milles en une demie-journée quoi …

Nous voilà donc hors de danger par rapport à la chaussée de Sein. J’en profite pour penser un peu à moi. Je fais péter deux bouteilles d’eau et me « douche », je range bien le bateau et je fais tout sécher … ça fait du bien et j’ai enfin trouvé ce qui puait la mort ; mes gants ! Une bonne grosse journée de pétole et de flemme s’ensuit, avec pas mal de sieste de 40’ au programme, histoire de me requinqer un peu de cette nuit d’angoisse !

Vers 16 :00 le vent se lève, miracle, sous code 5 dans un premier temps puis je passe sous grand Spi. Petit apéro au pâté Hénaff …

Le gros kiff de la soirée : des pâtes au pesto préparés en deux fois dans mon Jetboil mangées en compagnie de dauphins, il y en avait des dizaines et des dizaines ; on aurait dit un champ de dauphins.

La météo annonçant des orages et en voyant partout autour de moi j’ai affalé mon grand Spi pour me la jouer safe et j’ai enfilé ma tenue de combat alors que ça avançait vraiment bien ! Que dalle ! Pas un orage sur ma route mais quand même passé une sale nuit. Faut que je fasse attention, j’ai de plus en plus de peine à me lever, autant à la maison ce n’est pas si grave mais ici c’est quand même drôlement plus embêtant. Vers 7 :00 je vois que le Spi passe de nouveau, et machinalement sans réfléchir j’envoie mon grand SPI … 6 jours de mer ça vous met en confiance !

4 heures plus tard, j’explose ce même SPI sur un empannage. J’avais pourtant l’impression d’avoir vraiment bien géré l’affaire mais il s’est enroulé autour du bout dehors et paf il a éclaté d’un seul coup … enfin c’est aussi peut-être pcqr le SPI était vraiment, vraiment vieux.

Globalement une journée à oublier :

- Des averses comme je n’en ai jamais vu qui m’obligeait à rester caché dedans.

- Le vent qui tournait constamment de 180 degrés

- Mon Spi explosé

- Je suis trempé jusqu’à l’os, aucun moyen de faire sécher quoi que ce soit …

Enfin, pas cool comme journée !!

19 :19, le vent est remonté, de nouveau sous code 5 à 7 noeuds …. je vais quand même finir par l’avoir ce foutu plateau de Rochebonne…

En fait, une journée de qualif’ c’est comme une vie ; des hauts, des bas, des moments de désespoirs comme de joie intense !!

Ouais c’est quand même, définitivement particulier. Là je viens de faire 2 heures à la barre et j’ai de nouveau la monstre pêche !!!! Finalement la journée n’était pas si mauvaise, à 8 noeuds sous code 5 d’ici une heure on devrait être arrivé au plateau de Rochebonne … j’ai quand même quitté un peu la barre pour manger un peu et surtout me reposer … foncer à 8 nœuds dans la nuit noir sous SPI et sans personne à la veille … on apprend pas ça aux Glénans. Le mini c’est quand même un truc de punk …

[La suite la semaine prochaine]



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